Région MADEIRA

Madère n’est pas qu’une île, mais un authentique archipel qui couvre une superficie totale de l’ordre de 800 km², soit 400 fois la superficie de Monaco, selon les données de la très sérieuse Banque mondiale.

  • Madère en est l’île principale (740 km²) et la plus peuplée.
    • Ses petites sœurs sont l’île de Porto Santo (42,5 km²), également habitée,
    • et ses îlots (ilheu de Baixo ou da Cal, ilheu de Cima, ilheu de Ferro),
  • ainsi que deux groupes d’îles,
    • les Desertas (comme leur nom l’indique, des îles désertes, avec Deserta Grande, Chao et Bugio, pour une superficie de 14,2 km² au total)
    • et les Selvagens (comme leur nom l’indique aussi, des îles sauvages, un autre ensemble d’îles d’une superficie de 3,6 km²).

Nos deux petits mondes insulaires constituent, à mi-chemin de l’île de Madère et des Canaries, un magnifique chapelet atlantique. Les Desertas et les Selvagens, heureusement préservées de la présence d’Homo sapiens, sont aujourd’hui des réserves naturelles classées au Patrimoine mondial par l’Unesco.


Entouré d’abîmes dont la profondeur atteint jusqu’à 3 000 m, Madère est séparé de Porto Santo, distante de 40 km seulement, par une fosse de 2 300 m de profondeur. Cette naissance insulaire est le fruit d’un mariage plus que tonique de l’eau, du feu et de la terre, qui mit d’ailleurs un certain temps à s’apaiser.
Madère fut en effet secoué par des tremblements de terre en 1748, en 1755 tout comme Lisbonne (les lecteurs de Voltaire s’en souviennent), en 1816 et en 1918.

Le relief de l’île de Madère

Madère est jeune, escarpée et acérée, avec un tiers de la superficie au-dessus de 1 000 m, et une grande diversité de paysages, magnifiquement colorés par le bleu de la mer, l’azur du ciel, le vert des montagnes et le blanc des nuages.

La côte est rocheuse et très découpée, surtout au nord, où d’abruptes falaises alternent avec de charmantes petites baies et criques. Les paysages sont impressionnants.

Au sud, la côte est protégée des alizés et plus calme, mais elle n’en est pas moins spectaculaire, avec notamment le Cabo Girao et son à-pic de 580 m sur la mer, l’une des plus hautes falaises du monde, qui a de quoi vous donner le vertige.

Environnement

Si les îles Desertas et Selvagens constituent à elles seules deux grandes réserves naturelles, l’île de Madère n’est pas en reste et abrite également un véritable conservatoire de la biosphère, avec, outre le parc naturel de Madère, la réserve naturelle du Garajau et la réserve naturelle de Rocha do Navio.

Le parc naturel de Madère recouvre environ les deux tiers de l’île et se divise en zones aux statuts divers : réserve naturelle partielle, réserve naturelle intégrale, paysage protégé, etc. L’essentiel de la forêt laurifère, classée par l’Unesco au Patrimoine mondial de l’humanité, se trouve dans les limites du parc naturel de Madère.

Sur la côte sud de Madère, et pour les routards amoureux de la mer, se trouve la réserve marine de Garajau, créée en 1986, qui renferme quelques spécimens de gros poissons comme le mérou noir ou brun, le diable de mer méditerranéen ou encore la majestueuse raie manta géante, la plus grande des raies. Il est évidemment totalement interdit de les pêcher.

Vers le nord de Madère, à Santana, la réserve essentiellement marine de Rocha do Navio (ainsi nommée en souvenir du naufrage sur la côte d’une goélette hollandaise au XIXe siècle) a été créée en 1997. Conçue dans une perspective à la fois patrimoniale et de développement durable, cette réserve de 1 710 ha se caractérise par une riche biodiversité, avec de nombreuses espèces endémiques, comme le juniper, une espèce d’arbre très rare, et différents écosystèmes.
C’est aussi un conservatoire de l’habitat traditionnel, avec les fameuses petites maisons au toit végétal. La réserve a intégré le réseau Natura 2000 comme site d’intérêt commun, et l’Unesco a conféré, en 2011, à la municipalité (district) de Santana le statut de réserve de la biosphère, une première dans l’archipel de Madère.

Gastronomie

Les plats typiquement portugais sont très appréciés et servis partout.
*** Le caldo verde, soupe au chou de luxe.
*** L’incontournable bacalhau, c’est-à-dire la morue accommodée de multiples façons. En friture, on la nomme bacalhau à brás, en ragoût avec ail, olives et pommes de terre la voilà baptisée bacalhau a gomes de sà.
*** Le cozido à portuguesa, pot-au-feu qui marie le poulet au porc, ne s’apprécie à Madère que lorsque le temps se met vraiment à être frais.
*** Le frango, c’est-à-dire le poulet, se savoure piri-piri, simplement grillé, ou no churrasco, plus noble quand il passe sur les braises.
- La gastronomie de Madère a son roi et sa reine indétrônables, l’oignon et la tomate ; ses princes et ses princesses, l’ail, le persil, le laurier, le maïs, l’huile d’olive et la pomme de terre.

Les potages

*** La "sopa de tomate", cuisinée avec de l’oignon, garnie de croûtons et d’un œuf poché.
*** La "sopa de pào", « soupe de pain », un mélange de blé, de citrouille, de patate douce, de pomme de terre, avec des haricots secs et de la viande de porc.
*** La "sopa de castanha", soupe à la châtaigne, spécialité de la région de Curral das Freiras, où l’on ajoute aux châtaignes des pommes de terre, des patates douces, des haricots secs et de la viande de porc.

Les fruits de mer

*** Les "lulas" (calamars) sont grillés en brochettes avec de l’oignon et du poivron.
*** Le "polvo" (poulpe) aux saveurs délicates et textures douces.
*** Les "lapas", en français « patelles ». Ces gastéropodes cyclobranches connus également sous le nom de « berniques » ou de « chapeaux chinois » prolifèrent sur certains rochers.

La viande
 

*** L’espetada, viande de boeuf grillée sur des braises parfumées au laurier. Le choix et la quantité de laurier utilisé, le degré de maturité de la viande, la cuisson à point ou bleue et voilà autant d’espetadas différentes.

Les poissons
 

*** L’espada, poisson-épée, également nommé parfois poisson-sabre ou poisson-sabre noir. La chair est d’une délicatesse extrême.

Les fruits
 

*** cerises, fraises, pêches, pommes, poires, oranges, figues, myrtilles et châtaignes envahissent le Grand Marché de Funchal. La banane y est à son aise. *** La banane plantain usurpe sa place, car c’est un « faux fruit » qui se consomme de préférence en légume.
*** Fruits exotiques : ananas, avocat, mangue, papaye, goyave, fruit de la passion et kiwi,  le tamarillo ou « tomate en arbre » (attention, les fruits un peu verts et les feuilles sont toxiques) ; son goût est semblable à un mélange de kiwi, de groseille à maquereau et de tomate.
*** L’anone, que l’on connaît aussi sous le nom de corossol ou chérimole ; avec son écorce verte piquée d’épines, ce fruit à une chair blanche succulente.
*** Le cerisier du Brésil, de couleur rouge et de la taille d’une grosse cerise, se consomme cru ou en confiture ; même les queues du fruit sont utiles en décoction, pour leurs qualités diurétiques et dépuratives.
*** Les melons, les potirons et les citrouilles, et les vignes se partagent entre le raisin de table et celui destiné à l’élaboration du vin.

Les desserts
- Les queijadas de Madeira, à base de fromage blanc, d’œufs (12 jaunes d’œuf pour seulement 2 blancs), de beurre et de sucre sont excellents pour les « becs sucrés ».

- Les panquecas de abobora sont de délicieuses crêpes ou beignets de potiron.
- Le pudim de maracuja (fruit de la passion).

- Le bolo de mel, (gâteau de miel). C’est avec de la mélasse de canne à sucre que l’on fabrique ces petites merveilles.

Boissons alcoolisées
*** Vins rouge, rosé et blanc le Sercial, Verdelho, Boal (entre autres).

- La cerveja, bière locale connue sous le nom de « Coral », est une bière blonde brassée à Madère depuis de nombreuses années.

- Le cidra se fait avec les pommes que l’on trouve à profusion. C’est une boisson peu alcoolisée rafraîchissante et surprenante.

- La poncha, est à la base un cocktail d’aguardente, de sucre et de jus de citron.

- Le pè de cabra, associe du vin, de la bière, des zestes de citron, du sucre et du chocolat en poudre.

- La licor, ou liqueur. La plus connue est la ginja, à base de cerises ; la licor de cerveza mélange la bière à l’aguardente ; la licor tin tan tum est beaucoup plus élaborée : raisin, cannelle, sucre, thé, vanille, vin et aguardente.

- L’aguardente, pour les amateurs d’alcool fort, est une eau-de-vie se rapprochant du rhum, tiré de la canne à sucre.
- Dernier mais non le moindre, il y a le cocktail Nikita, un mélange détonant. La mode du Nikita se répand partout, et il y a autant de recettes de Nikita que de localités branchées à Madère.

- uma bica : un expresso servi dans une toute petite tasse ;
- um carioca : un expresso allongé servi dans une petite tasse ;
- uma chinesa : un café au lait servi dans une grande tasse ;
- um garoto : un café crème servi dans une petite tasse ;
- um galâo : un café au lait servi dans un grand verre.